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Succession internationale · Fiscalité

Succession internationale : quand la France impose un patrimoine qu’on croyait hors de portée

Partir vivre à l’étranger ne suffit pas à sortir une succession du champ français. Trois séries de critères peuvent y ramener un patrimoine mondial — et il suffit qu’une seule s’applique.

Six situations à vérifier

Ce que vous pensez, et ce qu’il en est

Aucune de ces situations n’est exotique : ce sont les six que nous rencontrons le plus souvent. Les exemples chiffrés appliquent le barème en ligne directe et l’abattement de 100 000 €, hors convention fiscale.

« Je passe moins de six mois par an en France » Domicile fiscal

Vous pensez. Sous 183 jours, je ne suis plus résident fiscal français.

Ce que dit le texte. Les critères de l’article 4 B sont alternatifs : il suffit d’en remplir un seul. Le foyer, le séjour principal, l’activité professionnelle, le centre des intérêts économiques. Le compte des jours ne concerne que le deuxième, et celui-ci est subsidiaire : on ne le recherche que si le foyer n’est pas déterminé de façon certaine. Une habitation où la famille se retrouve durablement suffit à fixer le foyer en France, même si vous y passez peu de temps (CGI, art. 4 B ; CE, 3 nov. 1995, n° 126513).

Le décompte des jours

Vous vivez neuf mois par an à l’étranger. Votre épouse et vos enfants sont restés dans l’appartement parisien.

Le foyer est en France. Le séjour principal n’est même pas examiné.

Votre patrimoine mondial entre dans l’assiette française.

« Mes enfants vivent en France, mais mes biens sont ailleurs » Le critère de l’héritier

Vous pensez. Je ne suis pas résident français, donc seuls mes biens français seront taxés en France.

Ce que dit le texte. Faux dès lors que l’héritier a eu son domicile fiscal en France pendant au moins six ans au cours des dix dernières années précédant celle où il reçoit. Dans ce cas, la France impose ce qu’il reçoit, biens français et étrangers confondus. C’est la porte la plus méconnue, et celle sur laquelle vous n’avez aucune prise : elle dépend de la vie de vos enfants (CGI, art. 750 ter, 3°).

Succession de 2,8 M€, deux enfants

Vous vivez au Portugal. 800 000 € d’actifs en France, 2 000 000 € ailleurs.

Un enfant installé à Londres : sa part française de 400 000 € supporte 58 194 €.

L’autre vit à Lyon depuis sept ans : sa part mondiale de 1 400 000 € supporte 372 678 €.

Même défunt, même part : 314 484 € d’écart entre deux frères.

« L’immeuble français est détenu par une société étrangère » Détention indirecte

Vous pensez. Ce n’est plus un immeuble français, ce sont des titres étrangers.

Ce que dit le texte. Deux règles se cumulent. D’abord, tout immeuble français est réputé possédé indirectement lorsque le défunt détient plus de la moitié de la structure — seul ou avec son conjoint, ses ascendants, descendants, frères et sœurs — et ce quel que soit le nombre d’écrans interposés. Ensuite, les titres d’une société non cotée dont le siège est hors de France sont réputés français si son actif est principalement composé d’immeubles français. Seuls échappent les immeubles affectés à l’exploitation propre de la société (CGI, art. 750 ter, 2°).

Immeuble parisien de 2 M€

Détenu par une société luxembourgeoise, elle-même détenue par une structure aux Pays-Bas.

Vous et vos enfants détenez ensemble 60 % de la chaîne.

Les deux écrans sont sans effet.

Deux enfants : 212 962 € de droits chacun, 425 924 € au total.

« Je dirige une société française mais je vis à l’étranger » Présomption depuis 2020

Vous pensez. Mon mandat social ne détermine pas ma résidence.

Ce que dit le texte. Les dirigeants d’une entreprise dont le siège est en France et qui y réalise plus de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires sont réputés y exercer leur activité professionnelle à titre principal, sauf preuve contraire — donc y avoir leur domicile fiscal. Pour un groupe, le chiffre d’affaires est consolidé. L’effet est marginal en impôt sur le revenu, où les conventions reprennent la main. Il est décisif en droits de succession, où les conventions sont rares (CGI, art. 4 B, 1, b).

Patrimoine mondial de 3 M€, deux enfants

Vous résidez à Genève et présidez une société française du groupe familial.

Aucun autre lien avec le territoire français.

La présomption joue, faute de preuve contraire.

Vos enfants supportent 825 356 € de droits en France, pour un mandat social.

« J’ai déjà payé l’impôt à l’étranger » Imputation

Vous pensez. La France déduira ce que j’ai payé ailleurs.

Ce que dit le texte. Elle l’impute, mais pas toujours. L’imputation n’est ouverte que dans les cas où le défunt était domicilié en France, ou où l'héritier l’était six ans sur dix. Elle est en outre limitée à l’impôt acquitté sur les biens situés hors de France. Quand le défunt n’était pas domicilié en France, aucune imputation n’est prévue par le droit interne : seule une convention peut corriger (CGI, art. 784 A).

800 000 € d’actifs français

Défunt non domicilié en France, un enfant héritier non-résident.

La France taxe les actifs français : 152 962 €.

L’État de résidence taxe le même actif.

Sans convention, la double imposition n’est corrigée par aucun mécanisme interne français.

« Il existe une convention fiscale » Le réflexe à vérifier

Vous pensez. La France a des conventions avec tout le monde, le problème est réglé.

Ce que dit le texte. Les conventions en matière de successions sont beaucoup plus rares que celles portant sur les revenus, et certaines ont été dénoncées. Quand il en existe une, elle détermine une résidence conventionnelle unique par quatre critères successifs, non alternatifs : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. Le centre des intérêts vitaux prime le séjour habituel : résider moins de 183 jours dans un État n’en fait pas sortir.

La première question à poser

Existe-t-il une convention successorale avec l’État concerné ? Une convention sur les revenus ne règle rien ici.

Si oui : quels biens attribue-t-elle à quel État, et selon quelle méthode — exemption ou imputation ?

Si non : seul l’article 784 A peut atténuer, et seulement dans deux des trois cas.

Ces règles s’articulent avec un autre texte : le règlement européen sur les successions désigne la loi civile applicable — celle qui dit qui hérite et de quoi — mais il ne dit rien de la fiscalité. Choisir la loi de sa nationalité pour régler sa succession ne déplace pas l’impôt d’un euro. C’est la confusion la plus fréquente, et elle coûte cher. Voir aussi taxe de 3 %, si l’un de vos biens français est logé dans une société, et relecture de clause bénéficiaire.

Notre offre

Un forfait, annoncé d’avance

Audit d’exposition successorale internationale

Une cartographie chiffrée, et les corrections possibles.

5 000 €HT · forfait

Ce que nous faisons

  • Un entretien de cadrage sur votre situation et celle de vos héritiers
  • Qualification de votre domicile fiscal, critère par critère
  • Localisation fiscale de chaque bien, chaînes de détention comprises
  • Lecture de la convention applicable, s’il en existe une
  • Chiffrage de l’impôt français, héritier par héritier
  • La liste des points à faire trancher par un conseil local, et sa mise en relation

Ce que vous recevez

  • Une note écrite et sourcée
  • Le chiffrage comparé par héritier
  • Les zones de double imposition identifiées
  • Les questions à poser dans l’autre État, rédigées
  • Les corrections envisageables, avec leur coût et leur risque
  • Sous un mois après réception des pièces

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