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Froger-Pérès Avocats

Taxe de 3 % · Fiscalité immobilière

Taxe de 3 % : l’exonération que vous croyez acquise vient de changer de régime

Depuis le 27 juin 2026, l’engagement de communiquer l’identité des associés n’existe plus. Il est remplacé par une déclaration, chaque année, au 15 mai — y compris pour les entités qui se croyaient définitivement exonérées.

Six points à vérifier

Ce que vous pensez, et ce qu’il en est

Les exemples chiffrés appliquent le taux de 3 % et servent à donner un ordre de grandeur. Un seul montant est réel — celui de l’affaire jugée en 2020 : il figure dans l’arrêt.

« Nous avons pris l’engagement de communiquer » La réforme de 2026

Vous pensez. L’engagement pris autrefois nous exonère, une fois pour toutes.

Ce que dit le texte. Il ne le fait plus. La loi du 25 juin 2026 contre les fraudes sociales et fiscales a réécrit le d du 3° de l’article 990 E : l’engagement de communiquer sur demande a disparu, remplacé par une déclaration annuelle. Et l’article 990 F, modifié par le même texte, impose ce dépôt « aux redevables ainsi qu’aux entités juridiques mentionnées aux d ou e » : la déclaration n’est plus l’affaire de ceux qui paient, mais de ceux qui ne veulent pas payer (loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, art. 102).

Une structure tranquille depuis quinze ans

Engagement pris en 2010, jamais activé par l’administration, aucune déclaration depuis.

Le fondement de son exonération n’existe plus.

La première campagne entièrement soumise au nouveau texte est celle du 15 mai 2027.

« La société qui détient l’immeuble a déclaré » Chaque maillon

Vous pensez. Une déclaration au bon niveau couvre toute la chaîne.

Ce que dit le texte. Non : chaque entité de la chaîne doit souscrire sa propre déclaration pour être exonérée, quel que soit le nombre d’entités interposées, et une société ne peut pas se prévaloir des valeurs déclarées par une autre société du groupe. La taxe est due par le maillon le plus proche de l’immeuble qui n’est pas exonéré — et toute entité interposée est solidairement responsable du paiement (CGI, art. 990 F ; Cass. com., 31 janv. 2006, n° 02-20.387).

Immeuble de 8 M€, chaîne à trois étages

Deux entités déclarent, la troisième est oubliée.

Taxe due : 240 000 € par an.

Et les deux autres en répondent solidairement.

« Nous avons déposé quelque chose » Déclaration incomplète

Vous pensez. Une déclaration imparfaite vaut toujours mieux que rien.

Ce que dit le texte. C’est l’inverse. La tolérance qui permet de régulariser sans payer la taxe vise ceux qui n’ont pas déposé de déclaration ; la Cour de cassation en exclut ceux qui ont déposé des déclarations incomplètes ou erronées. Une valeur mal estimée, un associé oublié, un pourcentage inexact suffisent à faire tomber le bénéfice de la régularisation (Cass. com., 31 janv. 2006, n° 02-20.387).

Le paradoxe

Ne rien avoir déposé : la tolérance reste ouverte, une fois.

Avoir déposé un document lacunaire : elle est fermée.

C’est la qualité du dépôt qui décide, pas son existence.

« De toute façon nous régulariserons » La tolérance ne joue qu’une fois

Vous pensez. En cas de mise en demeure, on dépose sous trente jours et l’affaire est close.

Ce que dit le texte. Une seule fois. Une société luxembourgeoise avait transmis tardivement les renseignements dont il résultait qu’elle n’était pas redevable au fond. Ayant déjà bénéficié une fois de la tolérance, elle a été jugée redevable de la taxe pleine. La taxe cesse alors d’être un impôt sur un patrimoine pour devenir la sanction d’un retard (Cass. com., 4 nov. 2020, n° 18-11.771).

Une année, une déclaration tardive

Informations transmises trois mois après l’échéance.

Aucune taxe due au fond : les associés étaient connus.

Taxe maintenue : 2 433 663 € pour cette seule année.

« L’immeuble est financé par un emprunt » Assiette brute

Vous pensez. La taxe frappe ce que la structure possède réellement.

Ce que dit le texte. Elle frappe la valeur vénale des immeubles et droits possédés au 1er janvier. Les dettes ne s’imputent pas, l’emprunt d’acquisition pas davantage. Et la taxe n’est pas déductible du résultat imposable : son coût réel est son montant nominal (CGI, art. 990 F, al. 1 et 990 G). Sur un actif fortement financé, la taxe annuelle peut dépasser le rendement net de l’immeuble.

Immeuble de 5 M€, financé à 80 %

Valeur nette économique : 1 M€.

Assiette retenue : 5 M€.

150 000 € par an, non déductibles, soit 15 % de la valeur nette.

« Les années anciennes sont prescrites » Six ans

Vous pensez. Trois ans, comme en matière d’impôt sur les sociétés.

Ce que dit le texte. La taxe se recouvre selon les règles des droits d’enregistrement. À défaut de prescription abrégée — que la jurisprudence apprécie strictement — le droit de reprise s’exerce jusqu’à l’expiration de la sixième année suivant celle du fait générateur. Le fait générateur étant annuel, un seul contrôle peut appeler sept années en même temps, majorations et intérêts en sus (CGI, art. 990 F, al. 4 ; LPF, art. L. 186).

Un contrôle ouvert en 2026

Immeuble de 8 M€ : 240 000 € par année.

Sept années encore reprises : 1 680 000 €.

Avant majorations et intérêts de retard.

Un dernier point, créé par la même loi de 2026 et passé presque inaperçu : l’entité sans établissement stable en France doit désigner, dans la déclaration, une personne domiciliée en France habilitée à recevoir les communications et pièces de procédure. À défaut, l’entité de la chaîne la plus proche des immeubles et connue de l’administration — exonérée ou non — est réputée autorisée à les recevoir (CGI, art. 990 FA). Une procédure peut donc courir valablement contre une structure étrangère par le canal d’une entité française qui ne se sait pas concernée. C’est le point sur lequel les délais se perdent. Voir aussi société étrangère et immeuble français et SCI. Voir aussi la structuration de la détention, en amont, et notre article sur la présomption de contrôle de 40 %.

Notre offre

Un forfait, annoncé d’avance

Audit de conformité taxe de 3 %

Où vous en êtes, ce que la réforme change, et ce qu’il faut déposer.

2 500 €HT · forfait

Ce que nous faisons

  • Un entretien de cadrage sur la structure et son historique
  • La cartographie de la chaîne de détention
  • L’examen des déclarations des six dernières années
  • La qualification du fondement d’exonération de chaque entité
  • Le chiffrage de l’exposition en cas de remise en cause

Ce que vous recevez

  • Une note écrite et sourcée
  • Le diagnostic entité par entité
  • La stratégie de régularisation, et son calendrier
  • Les déclarations à déposer, prêtes
  • Sous une semaine après réception des pièces

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